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Séquence vidéo #6

par Romuald publié le 07.03.21

Aujourd’hui pour la thématique des vidéos, j’ai choisi de m’attarder sur ce qui me semble représenter l’objectif de toute technique en aïkido : c’est-à-dire dépasser la technique elle-même. Ainsi on devrait se concentrer sur le déplacement et le mouvement pour les rendre les plus simples et les plus purs possible… Bref, je veux parler de kokyu nage.


Kokyu nage ?

En aïkido, sous le terme kokyu nage, sont regroupées toutes les techniques de projection qui s'exécutent sans contrainte articulaire et qui sont fondées sur le rythme d’exécution. De manière littérale, kokyu nage pourrait signifier « respiration/projection ». Dans les ouvrages techniques « Aïkido officiel » réalisés sous la direction du Dōshu, kokyu est traduit par « souffle énergie ». L’idée générale serait alors de pouvoir réaliser une projection du partenaire aussi « librement » qu’une inspiration/expiration.

Autant dire que c’est plus facile à imaginer qu’à réaliser. Et même si cela passe forcément par le ressenti avant tout, on fait avec les moyens disponibles aujourd’hui. Le fait de visualiser tous ces mouvements bien décomposés nous montre bien à la fois l’apparente simplicité de l’exécution ainsi que la fluidité qui doit en découler.

 

Les vidéos

Je ne souhaite pas détailler les techniques vidéo par vidéo, d’autant que vous verrez plusieurs formes présentées dans chacun d'entre elles. Simplement en regardant ces deux vidéos, portez votre attention sur les déplacements de tori.

ai hanmi katate dori kokyu nage

kata dori kokyu nage

 

Quel déplacements ?

Le nombre de déplacements est relativement réduit et ils sont plutôt classiques. Pour bouger, tori :

• avance en ayumi ashi
• pivote à 180°, avec un taï sabaki ou un irimi tenkan
• pivote à 90°, avec une autre forme de taï sabaki

Essayez de chercher ces différences selon la forme de kokyu nage.

 

Quelques détails

Mais quels que soient la forme et le déplacement, remarquez également deux choses importantes et qui n’apparaissent pas au premier coup d’œil :

• tori termine toujours la projection en prenant la place de uke, parfois par le moyen d’un infime déplacement de pied arrière

• tori commence toujours son premier déplacement par avancer légèrement le pied avant. Ça n’a l’air de rien et pourtant c’est essentiel car c’est le meilleur moyen de réduire la distance initiale rapidement, tout en conservant son unité de corps. Lors de la reprise, vous tenterez de vous remémorer ce point précis pour le rendre systématique. Vous verrez, c’est redoutable !

Et bien sûr ce ne sont que certains aspects de détails des mouvements, qui finalement sous leur aspect rapide et simple, restent en fait très riches d’enseignements.


En tant qu’élève j’ai toujours beaucoup aimé pratiquer les kokyu nage, car c’est un peu un moment de liberté, de plaisir dans la chute et on peut assez rapidement ressentir le fait d’être « aspiré » quand on attaque sincèrement. En tant qu’enseignant c’est un peu différent, car c’est typiquement le genre de mouvement sur lequel on doit éviter de mettre trop de mots… C’est principalement du ressenti que viendra l’apprentissage à mon avis. Je vais donc m’arrêter là.

Néanmoins, tâchez de vous faire plaisir avec ces vidéos en vous projetant mentalement dans la reprise !