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Une nouvelle enseignante à la rentrée

publié le 19 août 2018, par Élise

Marie pratique l'aïkido à Voiteur depuis de nombreuses années, et depuis bientôt un an (septembre 2018), elle s'entraîne également au sein du Shoshin Dojo. En septembre, elle intègrera l'équipe enseignante du club aux côtés d'Alban, Romuald, Edmond et Jean-Philippe. À cette occasion, nous nous prêtons au jeu de l'interview (enfin, surtout elle !), afin de connaître un peu mieux cette jeune (et discrète) sportive !


Bonjour Marie. Peux-tu me raconter tes débuts sur les tatamis ?

Bonjour Élise, j'ai commencé à pratiquer l'aïkido à l'âge de 8 ans. Mon père venait d'ouvrir un club dans notre village et donc naturellement j'ai été inscrite. Je faisais déjà de la gymnastique, sport que j'ai poursuivi jusqu'à la fac. Les premières années je préférais la gymnastique ; entre autres parce qu'il y avait toujours le petit gala de fin d'année pour lequel on créait nos spectacles avec tenues, musiques etc. Je ne m'épanouissais pas autant en aïkido au début car la phase d'apprentissage est longue. Au collège, l'aïkido a progressivement pris une part importante dans ma vie. L'activité dans laquelle je m'épanouissais et je m'épanouis toujours le plus !

Qu'est-ce qui t'a motivé ? Avais-tu des craintes ?

Ce qui m'a motivé… Je pense que c'était un challenge et j'aime beaucoup relever des défis. Il y a aussi en partie la volonté de faire plaisir et partager quelque chose avec mon père qui est vraiment un passionné ! Je n'avais pas vraiment de craintes. Je me rappelais juste avoir été au bord des tatamis quand j'étais bien plus jeune, lorsque mon père et ma mère allaient s'entraîner, et que ça faisait beaucoup de bruit (chutes, Ki-Ai, travail aux armes…). C'est ce qui m'avait impressionné le plus je crois !

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"L'aïkido a progressivement pris une part importante dans ma vie."

Penses-tu qu'il soit plus facile de débuter l'aïkido tôt ?

Je ne suis pas sûre qu'il soit plus facile de débuter l'aïkido tôt. À mon avis, il faut avoir l'envie d'investir son corps et de développer son schéma corporel. Plus ce dernier est défini plus les progrès seront rapides. Donc chaque personne est différente : on peut très bien avoir un bon schéma corporel à 7 ans comme pas du tout et donc la progression sera plus longue et il faudra s'accrocher ! D'un autre côté l'aïkido aide à développer ce schéma corporel. C'est la question de la poule et de l’œuf : faut-il commencer l'aïkido très tôt pour développer ces compétences ou bien faut-il attendre d'avoir certaines bases ? Je suis plutôt du deuxième avis mais les deux se tiennent. Après, les enfants aiment souvent d'autres activités qui sont davantage source de récompenses rapides et concrètes. Il ne faut pas les forcer ou les inscrire trop tôt au risque de les dégoûter.

Ton professeur est ton papa... Est-ce une facilité ou une difficulté ? Les rapports sont-ils les mêmes sur les tatamis qu'en famille ?

Le fait que mon père soit mon professeur est plus une difficulté qu'une facilité : il a un niveau exceptionnel et est un peu mon modèle ! Depuis que je suis petite j'ai envie de suivre son exemple et de lui arriver au moins à la cheville ! Et lui se montre exigeant en retour. Peut-être plus qu'avec les autres élèves je pense mais c'est stimulant. Les rapports ne sont pas tout à fait les mêmes sur les tatamis qu'en famille mais cela s'en rapproche : il y a de la complicité, du jeu, du soutien et aussi des bons moments en famille car nous partons en stage ensemble (avec mon frère aussi) comme si nous partions en vacances.

 

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L'aïkido et les arts martiaux en général permettent aussi à la féminité de s'exprimer.

En parlant de famille et de rapports humains : que penses-tu de la pratique des femmes dans l'aïkido ? Car on entend souvent que les arts martiaux sont plutôt masculins.

Les femmes et l'aïkido… Un sujet qui fait beaucoup parler effectivement. C'est vrai que les femmes sont minoritaires pour le moment mais je ne pense pas que cela vienne de l'aïkido en soi qui est vraiment une discipline dans laquelle chacun peut s'épanouir. Elles sont peut-être juste moins attirée par les contacts, le travail aux armes et l'esprit martial en général. C'est une affaire de goût plus que de sexe à mon avis. En tout cas moi je me sens femme (je suis loin d'être un garçon manqué !) et l'aïkido m'aide à trouver l'harmonie, l'assurance et les sensations que je cherche.

Au-delà de ton club, qui sont les aïkidokas qui t'inspirent ? Les autres professeurs que tu as connus ? Y a-t-il des stages qui aient marqué ta pratique ?

Les aïkidokas qui m'inspirent le plus sont surtout les « Grands » de notre pratique : Christian Tissier, Marc Bachraty, Bruno Gonzales, Mare Seye… et bien sûr notre DTR (Directeur Technique Régional) Michel Erb. Ils ont tous quelque chose qui « m'accroche » dans leur pratique. Je regarde aussi souvent leurs Uke et d'ailleurs ce sont d'abord tous les uke qui passaient devant au moment des explications pendant les stages qui m'ont inspirés (il faut croire que j'aime le spectacle !). Je n'ai pas eu beaucoup d'autres professeurs que mon père et les professeurs du Shoshin. Pendant un temps nous allions nous entraîner à Louhans chez Jack et Cyril les jeudis soirs avec mon père : j'aimais beaucoup ! Sinon j'apprends de tout le monde et en particulier aux stages. Le premier stage qui m'a marqué était le stage enfant organisé à Lons avec Marc Valo. C'est grâce à ce stage que j'ai pris conscience que je commençais à avoir de bonnes bases et des prédispositions pour avoir un bon niveau plus tard et qu'il fallait continuer à s'accrocher. Les stages animés par Bruno Gonzales m'ont aussi beaucoup apporté même si j'ai souvent failli sortir du tatami de frustration  ! Enfin, mon court passage dans le club de Guebwiller il y a deux ans a marqué ma pratique.

Marie servant de uke pour Mare Seye (6ème Dan UFA et membre du CTN de la FFAAA) à Besançon

Tu suis régulièrement les stages de Michel Erb. Que t'apporte son enseignement ? Qu'est-ce qui te plaît dans son aïkido?

Les stages de Michel Erb m'enrichissent énormément et ce qui est important je trouve c'est justement de le suivre régulièrement. Lui ou un autre technicien dont la pratique nous attire. Car ces personnes sont des chercheurs et proposent sans cesse de nouvelles pistes de travail. Faire plusieurs stages par an permet de progressivement intégrer et consolider les nouvelles connaissances qu'ils nous apportent. Ce qui me plaît dans l'aïkido de Michel c'est la « propreté » et la rigueur de ses mouvements que je trouve de plus en plus précis et économes. Il est aussi très pédagogue et mon côté cartésien est forcément satisfait de son enseignement. Je ne ressens pour le moment pas le besoin de chercher ailleurs d'autres explications.

Il y a deux ans, tu as passé le Brevet Fédéral. Que penses-tu de ce diplôme ? Qu'en as-tu retiré ? Qu'y a-t-il d'important à tes yeux dans l'enseignement ? Le "mets-tu" en pratique ?

Le brevet fédéral était une super expérience. J'étais encore dans mes études de kinésithérapie quand j'ai suivi la formation. L'explication de consignes et l'organisation d'un cours trouvait écho dans mes séances de kiné individuelles et de groupe lorsque j'étais en stage. Ça a aussi été l'occasion de faire de belles rencontres (un certain Alban par exemple !) avec des personnes avec qui je garde des liens comme Claude Piva aussi qui m'a aidé par la suite. Je pense que le BF est un diplôme que l'on obtient assez facilement, pour autant que l'on se donne l'objectif de l'avoir, et qui permet de découvrir un autre aspect de la pratique ainsi que d'avoir un regard critique sur sa propre pratique. J'ai surtout retenu la méthode d'organisation des plans de cours et j'ai aussi été « initiée » à la Législation qui était encore chose très abstraite pour moi ! Enseigner c'est guider, faire ressentir et démontrer notre version de l'aïkido tout en étant très honnête : il n'y a pas une seule façon de pratiquer ni de vérité absolue. Mais je pense que chaque version de l'aïkido mérite d'être partagée et peut apporter quelque chose. Je n'enseigne pas souvent depuis que j'ai le BF car je voulais ensuite passer le 2ème Dan et donc je me suis plus concentrée sur ma préparation que sur l'enseignement, démarche un peu égoïste certes… Mais à présent je ne demande que ça !

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Marie et Alban : de "apprentis enseignants" à la co-animation pédagogique du Dojo

Tu as ensuite enchaîné avec le 2ème Dan que tu as obtenu brillamment en juin. Selon toi, quels sont les difficultés de cet examen ? Quels étaient tes points forts ?


La difficulté du deuxième dan est qu'il s'agit d'une étape intermédiaire entre le shodan, où l'on doit démontrer une connaissance technique et déjà une certaine fluidité, et le sandan où l'on doit montrer d'avantage de stabilité et une certaine puissance. Le nidan nécessite du rythme et de l'amplitude dans les mouvements et on doit également montrer qu'on a évolué depuis notre premier dan. Mes points forts c'était la préparation intense que nous avions menée et mes facilités de déplacements qui me font me sortir des situations complexes (comme diraient certains : « j'aime tourner » !).

Cette année, tu t'es entraînée avec des nouveaux compagnons-de-tatamis... Est-ce difficile d'arriver dans un nouveau club ? Quelles étaient tes premières impressions ?

Arriver dans un nouveau club peut s'avérer difficile mais en l'occurrence ça n'a pas été le cas cette année. Je connaissais déjà un peu Alban et le groupe est vraiment ouvert donc je me suis sentie vite intégrée. Mes premières impressions : j'allais bien rigoler dans ce club ! Mes premières craintes : les koshinage et les culbuto allaient m'en faire baver !

Et au niveau "techniques", pas trop de différences, de façons de faire divergentes ?

Du point de vue technique il y avait peu de divergence, on travaille sur les mêmes bases. Moins de pivot peut-être mais j'ai pu justement travailler sur ma précision et sur les fameux koshinage que je ne pratiquais pas souvent et dont vous raffolez !

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Effectivement, l'ambiance des cours est souvent à la rigolade.

Cette année, au Shoshin Dojo, nous avons mis l'accent sur les révisions avec les 4 candidats aux passages de grades (qui ont tous été reçus !) Que peux-tu nous dire de cette année de préparation ?

C'était une année intense ! Nous avions une bonne dynamique de groupe ce qui est motivant. J'avais l'impression que nous nous tirions mutuellement vers le haut car nous avons tous nos facilités et nos difficultés qui ne sont pas les mêmes bien sûr. Les différents passages blancs filmés et les vendredis en autonomie ont été un réel plus. L'échange aussi avec d'autres clubs et professeurs (Julien Henriet, Claude Piva et mon père) nous ont permis de nous préparer à être examinés par différentes personnes et donc de faire des passages blancs avec déjà cette situation de stress. Enfin je n'avais jamais fait autant d'entraînements par semaine et donc, le jour de l'examen, j'étais aussi bien préparée sur le plan technique que physique ce qui a été plus qu'utile car les minutes étaient longues à Chalon-sur-Saône !

Les vacances touchent à leur fin. Comment te sens-tu à l'aube de cette nouvelle saison ? Quels sont tes projets ou tes envies ?

J'ai hâte de reprendre les entraînements en profitant pleinement des cours sans avoir ce stress que représente une préparation. J'ai aussi hâte de donner mes premiers cours en espérant n'avoir pas trop perdu la main ! Mes projets : améliorer encore ma pratique en vue du 3ème dan en améliorant ma stabilité et le travail des hanches. Mes envies : me faire plaisir et faire plaisir aux autres à travers l'échange qu'est l'aïkido !

Merci !

Merci à toi et merci encore à toutes les personnes du Shoshin Dojo !

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