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Pourquoi j'ai choisi l'aïkido.

publié le 8 octobre 2017, par Laurent

J’ai fait mon premier cours en septembre 2012. C’était la première fois que je montais sur des tatamis. Fier de pousser les portes d’un dojo, je réalisais un souhait d’enfance de pratiquer un art martial. Inquiet également : vais-je savoir, est ce que je vais me faire mal, comment vont se comporter les autres avec un débutant ? Toutes ces interrogations sont bien légitimes lorsque l’on débute une discipline, mais elles revêtaient pour moi un sens bien particulier, à savoir serais-je capable d’aller au bout de mon rêve d’enfant ?

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Le pas franchi dans ma tête, il me restait à choisir quel art martial allait m’accompagner. Je ne connaissais pas particulièrement l’aïkido, mais j’avais vu comme tout le monde certains films. Je suis alors allé surfer sur le net à la recherche d’articles et de vidéos.

L’aspect bienveillant et l’absence de compétition m’ont tout de suite séduit. Après plusieurs années de tennis, j’aspirais à une approche moins individualiste et compétitive d’une discipline.

L’approche exclusivement martiale ne m’intéressait pas non plus. A bientôt 40 ans, je n’étais pas seulement motivé par l’aspect combat et self défense. Et puis jusqu’ici, j’avais encore mes deux bras et quelques neurones que j’entendais bien conserver !

Il me fallait donc un art martial pas trop violent, qui me permette de m’épanouir physiquement et moralement. Le plus grand de mes adversaires allait en fait être moi-même. C’est avec cette envie et cette philosophie que je me décidai donc à tester mon premier cours d’aïkido.

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Dès la première séance, j’ai su que j’avais trouvé là mon art martial : respect du partenaire (et donc de soi-même) , ni vainqueur ni vaincu (principe moral plutôt rare dans notre société), recherche du mouvement le plus fluide possible, équilibre–déséquilibre… sont autant de valeurs que je me suis appliqué à mettre en œuvre sur les tatamis et à l’extérieur du dojo. La notion de irimi m’a très tôt été expliquée, de là à l’appliquer… Mais cette notion est très intéressante, non seulement d’un point de vue martial, mais surtout d’un point de vue principe de vie. Ne pas fuir, ne pas chercher à résister mais au contraire accepter et rentrer dans l’attaque pour mieux la contrôler. On peut passer des années sur cette notion. Et c’est un principe que l’on peut appliquer dans la vie quotidienne. En cela, l’aikido est riche d’enseignement, sur soi et sur les autres. Cette transcription du tatami au quotidien est ce qui me marque sans doute le plus. Je ne fais pas que pratiquer l’aikido à l’intérieur d’un dojo, j’essaie de le pratiquer aussi dans la vie de tous les jours.

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Mais avant le réconfort l’effort ! Les premiers mois ont été pour moi un bel exercice de remise en question et de persévérance. Les (nombreuses) chutes ne m’ont jamais effrayé, pas plus que le contact physique. Mais les déplacements en aïkido ont été pour moi contre nature dans les premiers temps. Il a fallu que je rééduque mon corps, ce qui est loin d’être évident. Aujourd’hui encore, et sans doute aussi demain,  je dois sans cesse me corriger.

En cela, je comprends mieux des notions telles que « école d’une vie » ou encore le « do » : la voie. Je suis convaincu que je suis sur les tatamis ce que je suis dans la vie. Donc lorsque je progresse sur les tatamis, je deviens également un peu meilleur dans la vie !

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Et comme beaucoup de débutants, je me suis posé la fameuse question « est-ce que c’est vraiment efficace ? ». Je pense que si l’on recherche l’efficacité immédiate face à une agression, d’autres arts martiaux ou sports de combat sont bien plus efficaces. Mais l’efficacité ne se réduit pas à ma seule faculté de vaincre l’autre. À ce jeu, on finit toujours par tomber sur plus fort que soi. L’efficacité c’est une posture. Une attitude qui me permettra de désamorcer un éventuel conflit. Et ceci s’applique quotidiennement, au travail, en voiture, dans le tram… Contrairement à une clé de bras doublée d’un étranglement avec arme létale ! Attention, je ne dis pas que ces situations n’existent pas. Mais l’acquisition d’une confiance en soi et une certaine attitude doivent permettre justement de ne pas en arriver là. Et si le conflit devient inéluctable, j’aurai alors en moi les moyens de l’affronter. Je ne sais pas comment je réagirais. Certainement pas en décomposant une technique qui par essence est codifiée sur un tatami. Mais je pense que j’aurai acquis certains réflexes qui me permettront de réagir. Et c’est sans doute là que je puise le côté martial : agir et non subir.

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J’aborde aujourd’hui ma 6ème année, avec toujours l’envie de progresser. Et par-dessus tout, avec un immense plaisir à retrouver mes potes de tatamis. Car si au début aller à la rencontre de l’autre est difficile (peur de mal faire, peur d’être jugé), c’est une source d’épanouissement sans aucune limite. Lorsque je viens aux entrainements, je suis content car je sais que vais transpirer, tomber et me relever, mais surtout passer un bon moment fait de partage, et souvent il faut l’avouer de rigolade.

Et au détour d’un ikkyo ou d’un irimi nage, de belles rencontres… et de vrai(e)s ami(e)s. L’aikido est devenu ma deuxième famille, et rien que pour cela, ça vaut le coup de continuer !

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 Merci à Thomas, kenjutsuka et photographe, d'avoir mis son talent au service de cet article. Il nous avait déjà proposer un reportage sur les portes ouvertes de la Maison de Bregille. Nous vous invitons à aller jeter un œil à son travail perso.

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